EDF entreprise publique a permis de baisser le prix de vente du KWh aux usagers domestiques de 29 % en 10 ans. Par contre, après la libéralisation intervenue pour les industriels en 2002 (ils peuvent acheter de l’électricité à EDF ou à des producteurs privés, en France ou en Europe), les prix ont flambé de 20 à 30 % (+ 50% en octobre 2003). En 2004 la SNCF, 3ème consommateur d’électricité a vu sa facture augmenter de 34,36%.
Augmentation des tarifs des prestations d'EDF-GDF en 2003 en vue de sa privatisation : - déplacement particulier pour relevé de compteur : + 108 %
- contrôle d'appareil de comptage : + 35 %
- déplacement d'un compteur gaz dans un coffret : + 23 %
- la protection de gaine: + 390 % (de 84, 60 € à 414,40 €)
Combien faut-il de catastrophes
pour comprendre que l'énergie n'est pas une marchandise ?
Si la France, l’Europe a évité de peu samedi dernier, 4 Novembre 2006, de se retrouver totalement et pour de longues heures dans le noir c'est grâce à l'organisation intégrée d'EDF et l'efficacité du système électrique de l'entreprise publique qui a su réagir à temps et faire preuve d’un grand professionnalisme.
Cette panne – qui a plongé dans le noir durant environ une heure dix millions d'européens et cinq millions de Français – est-elle due à une sous-production d'électricité ou à un sous-investissement dans les réseaux de transport d'électricité ? Ce qui est certain c'est que des investissements massifs pour augmenter la capacité de production et de transport de l'électricité sont nécessaires. En tout état de cause, il faut faire la clarté et la transparence sur ce qui s'est réellement passé, les causes et les conséquences de cette panne, en informant largement les usagers, les salariés de ce secteur et les élus. C'est pourquoi le parti communiste et ses élus demandent l'ouverture d'une enquête parlementaire à cet effet.
La réalité des coupures démontre la nocivité de la politique de libéralisation et de privatisation qui pourrait déboucher sur de graves catastrophes humaines, sociales et économiques. En service public, la règle sociale – pour éviter justement les catastrophes – veut que la production soit supérieure aux besoins pour parer aux situations d'augmentation brusque de la consommation vu l'impossibilité de stockage de l'électricité. Depuis quelques années, les objectifs de libéralisation et de privatisation ont favorisé un sous-investissement générant les situations actuelles de pénurie. Les industriels privés qui arrivent sur ce secteur recherchent des profits immédiats et travaillent à flux tendus. Ils ne produisent que ce qu'ils estiment pouvoir vendre. Il n' y a pas de place pour une production supplémentaire préventive qui est non stockable et le plus souvent non vendable. Par ailleurs, ces industriels privés organisent volontairement la pénurie pour faire augmenter les prix de l'énergie en considérant les prix actuels peu profitables.
C'est pourquoi la marchandisation de l'électricité est un non sens social et économique destructeur des conditions d'existence des populations. Cette politique dogmatique fait l'impasse sur le fait incontestable que la politique énergétique doive avoir pour finalité première la réponse aux besoins vitaux de la société et des activités humaines.
De graves événements comparables risquent désormais de se multiplier. Combien faut-il de catastrophes pour comprendre que l'énergie ne doit pas être marchandisée ! Il est vraiment nécessaire de recourir à un moratoire avant début juillet 2007, date de l'ouverture totale du marché aux particuliers. Cela permettra de faire le bilan de la politique de déréglementation en Europe et relancer un grand débat public et démocratique sur la politique énergétique à poursuivre pour répondre aux besoins. Cet accident confirme la nécessité de construire un pôle public de l'énergie réunissant entre autres EDF et GDF 100 % public. Il pose aussi en grand l’exigence d’une réponse européenne pour le droit à l’énergie qui passe par la création d'une agence européenne.
C'est ce à quoi devrait oeuvrer toute la gauche pour mettre fin à l'entreprise de destruction sociale et économique menée par une droite assoiffée de revanche contre un peuple qui vient de s'opposer majoritairement à l'Europe libérale. C'est ce à quoi travaillent les communistes en prenant une grande part au grand rassemblement pour une alternative à la marchandisation des besoins humains et sociaux. C'est ce à quoi travaillent les forces anti-libérales du changement social dans le cadre de la prochaine campagne pour les élections présidentielles et législatives.
L’accès à l’énergie relève des droits fondamentaux de tout être humain pour sa dignité et son développement. Sa production et sa distribution relève donc de la démarchandisation.
Appel unitaire des partis de gauche en soutien aux manifestations du 14 octobre
« L'énergie n'est pas une marchandise comme une autre. Elle est aussi bien essentielle pour la vie humaine en ce qu'elle est indispensable à tous les gestes de la vie courante que pour la vie économique qui en dépend. L'énergie doit être soustraite à la logique de marché. Seul un grand service public de l’énergie sera un outil efficace pour répondre à la nécessité d’une politique de développement socialement et écologiquement utile.
Alors que nous rentrons dans la société post-pétrolière la question de notre indépendance énergétique est un débat d’actualité. Pour faire face à ce défi la maîtrise publique de la politique énergétique est incontournable.
Or, au mépris de leurs propres promesses, le gouvernement de droite et Nicolas Sarkozy viennent de faire voter le projet de loi de privatisation de GDF à l'Assemblée nationale au détriment du débat démocratique, de l'intérêt général de nos concitoyens et de notre indépendance énergétique.
Toute la gauche rassemblée a voté contre ce projet socialement nocif, économiquement destructeur et écologiquement dangereux. Le groupe UDF dans sa quasi-totalité et des députés UMP ont également voté contre. On le voit le débat est loin d’être clos. Le combat continue. Le texte est désormais au Sénat.
Il nous faut arrêter le processus de privatisation de GDF et faire reculer le gouvernement sur cette question comme nous l’avons fait sur le CPE.
C'est pourquoi, tous ensemble, nous appelons celles et ceux qui ont à coeur ce droit fondamental à se rassembler et à exiger le retrait de ce texte.
Nous appelons à une grande mobilisation populaire pour le service public de l’énergie en participant notamment le 14 octobre 2006 à la grande journée d’action lancée par les organisations syndicales. »
Paris, le 9 octobre 2006.
Rouen 14H30 cours Clémenceau
Le Havre 14h30 Franklin
Le Collectif Riposte à la droite
(Ce collectif comporte les onze organisations de gauche, pour mémoire : Alternative citoyenne, les Alternatifs, Gauche Républicaine, LCR, MARS, PRG, MRC, PCF, PS, Verts, Régions et peuples solidaires.)
EDF, les apprentis sorciers
Gilles BALBASTRE, documentaire, 52mn.
soirée film et débat à l'initative du CE d'EDF/GDF
en présence du réalisateur
Le Melville Rouen 20h30
entrée gratuite

Il ne s’agit pas de prétendre que l’entreprise nationalisée EDF ne doit pas être soumise à la critique. Mais nul ne peut nier qu’elle a été capable d’assurer en permanence au pays une fourniture en énergie à un des prix les plus bas d’Europe
L’électricité présente une caractéristique particulière : elle ne peut être stockée, par conséquent, elle n’est pas un produit comme les autres. La maintenance et le renouvellement des installations a toujours fait partie des missions de l’entreprise. Comment peut-on être sûrs qu’il en sera de même avec des entreprises privées dont le fondement est de rémunérer leurs actionnaires ?
Alors, pourquoi remplacer un système fondé à la Libération sur l’idée de service public par une libéralisation de l’énergie qui a échoué partout où elle a été mise en place ?
L’exemple de la Californie, plongée dans le noir en 2001, est central dans le film. Le réalisateur, qui s’est rendu sur place, démonte, témoignages à l’appui, le chantage des compagnies privées vis-à-vis de l’État californien, dont les contribuables paient aujourd’hui encore la facture.
Gilles Balbastre est un journaliste, auteur de plusieurs documentaires diffusés sur France 5. Il a participé à l’ouvrage de Pierre Bourdieu La misère du monde. Il collabore au journal satirique Pour lire pas lu (PLPL), puis devient directeur de la publication de son successeur Le Plan B. Il collabore également au mensuel Le Monde diplomatique. En 2006, il a conçu pour France 5 une nouvelle série de trois documentaires sur la privatisation des services publics et ses enjeux, dont un sur EDF qu’il a lui-même réalisé.
Marie-George Buffet sur I-télé (13 septembre 2006)
Marie Georges Buffet s'exprime sur le projet de privatisation fusion de GDF avec Suez et sur la remise en cause des régimes spéciaux de sécurité sociale
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